BURN OUT FRANCAIS ET LE NOUS : "Celui du vivre ensemble et de l'intérêt général"

 

Afficher l'image d'origine

CNETH.

Dans un contexte d'engrenages de la violence, où la guerre sévit, de même que les brutalités policières, notamment à l'égard de la jeunesse, où des enjeux malsains entre un grand nombre d'élites et l'univers politique se révèlent chaque jour au détriment d'un 'mieux vivre ensemble' (pour exemples, dérives de la haute finance - CO² - Uramin - Poursuite des lanceurs d'alerte - Destruction annuelle de plus de 60 000 entreprises à taille humaine, etc.), cet univers anxiogène conduit bon nombre de nos concitoyens à ne plus croire à rien.  Contexte où CNETH juge utile de communiquer la réflexion d'un justiciable, celle de Richard ARMENANTE.

Dans le même temps, notre gouvernement, qui n'enregistre qu'échec sur échec, au nom du vivre ensemble, par ailleurs est très fier d'afficher ses prouesses dans le commerce de l'armement, y compris avec des pays où les droits de l'homme n'existent pas :  le sera t-il plus encore , lorsque demain, à la face du monde,  les dérives fascisantes auront produit leurs effets au  pays 'dit des Droits de l'Homme'?

"Le dessin ci-dessus nous rappelle qu'un engrenage entre des rouages clairs est créateur d'énergie et de puissances, mais lorsque les axes d'entrainement sont faussés, cela conduit au blocage du système, voir à sa destruction ... "


Afficher l'image d'origine

Comme l'écrit l'un des membres du conseil d'administration, j'aurais aimé écrire le texte publié par Richard ARMENANTE (qui est parvenu sur le blog de notre organisation). CNETH le diffuse, tant la réflexion nous semble proche de celle d'une très grande majorité de Français.

LE BURN OUT FRANÇAIS ET NOS RÉSIGNATIONS

"Richard Armenante"


J’ai atteint un tel niveau d’exaspération politique que j’ai l’impression d’être au bord du burn out. Chaque jour je prends directement dans le ventre la honteuse réalité.


Je vis dans un pays malade de partout, avec à sa tête des petits français, élus par la magie de tous nos renoncements, assis sur leurs privilèges, vidant les caisses à tour de rôle et à tours de bras sous nos yeux ébahis, se moquant allègrement de nos conversations et de nos avis, s’octroyant des primes, des salaires, des taux, des toits et des avantages généreux, inventant des lois scélérates sous la panique, chantant la Marseillaise au Congrès de Versailles, la larme à l’oeil entre deux mises en examen, désertant leur poste à l’Assemblée, démissionnant de leurs ministères pour retrouver leur mairie, profitant de leur poste, les yeux dans les yeux, pour placer l’oseille au frais, écrivant des livres de promesses malodorantes, courant de plateaux en plateaux pour déverser leurs éléments de langage, vidant le langage de tous ses éléments, bafouant la vérité au profit du profit, mentant le mardi pour se repentir le jeudi et se représenter le dimanche, la gueule enfarinée, rasant gratis et sans état d’âme, bénis par leurs camarades de promotion, coudes à coudes, soudés, calés dans les dorures, au son de la trompette républicaine lustrée par notre impôt massif et notre dette souveraine.


J’ai la nausée, elle est là et elle ne me quitte plus, elle s’intensifie.


Je cherche des traces de l’intérêt général, je ne le trouve pas. Il a été noyé sous les partis, les syndicats, les associations, les lobbies, les groupes, les intérêts particuliers, les privilèges des uns qui font les bénéfices des autres. Le blocage est total, les verrous sont rouillés et les flambeurs continuent de parader devant six millions de chômeurs, une école qui se délite, une santé attardée, un indice de bonheur qui s’écroule au 29ème rang derrière le Qatar et une consommation d’anti dépresseurs qui fait le délice de nos laboratoires, eux aussi bien placés dans la course aux bien placés.


Je dégueule ma peine et je pisse dans un violon. Comme vous. Français impuissant à qui l’on fait croire tous les cinq ans qu’ils ont leur destin en main, comme des veaux qu’on mène à l’abattoir en leur caressant le flanc sous une musique douce pour faciliter l’anesthésie. Cinq ans à nous déchirer pendant qu’une petite bande de petits français joue avec nos vies, nos économies, nos rêves de bonheur simple et de paix sociale. De temps en temps ils nous filent un os à ronger, qui d’un mariage pour tous, qui d’une loi de renseignement, qui d’une déchéance ou d’une indignité, et nous sautons dessus comme prévu, en bons petits soldats.


Ils nous divisent à l’intérieur de nos familles, à l’heure où nous devrions plus que jamais nous aimer. Je suis écoeuré et perdu, silencieux, tétanisé par le sentiment d’impuissance. Les gens comme moi n’appartiennent à aucun intérêt particulier, hors celui de vivre bien ensemble, sans se déchirer, sans se méfier les uns des autres, tranquillement vivants sans faire de vague. Mais ça ne se passe plus comme ça…


Cet hiver, l’un des nôtres est mort à trois cents mètres de l’Elysée. Je dis bien l’un des nôtres. Un membre du village, un cousin de cousin, certainement. On l’a laissé crever comme un rat aux pieds du Palais. Sans domicile. Pendant ce temps-là l’Élu assistait à des matchs de rugby et commémorait les chrysanthèmes, s’asseyait sur l’Histoire pour laisser une trace, de frein. Je n’en veux plus, de ces simulacres d’un temps passé et révolu.


Je ne veux plus d’un homme qui dit « moi je », il est temps que nous disions Nous. Aucune raison morale, technique et même de bon sens, qu’un seul homme du haut de ses petits arrangements entre amis, puisse décider d’envoyer le pays dans la guerre, et même de nommer la guerre, sans que nous, NOUS, ayons dit qu’il le pouvait. Aucune raison de modifier notre constitution sur l’autel de la peur. Aucune raison de prendre seul des responsabilités plus grande que lui. Sommes-nous donc fous d’oublier sans cesse, de fermer les yeux, comme ces femmes battues qui voudraient fuir mais ne le peuvent pas, prisonnières d’une peur qui les paralyse ? Si peu de choix entre l’incompétence, la malhonnêteté et la résignation ?


Nous irons bientôt, en 2017, comme des moutons sous morphine, choisir entre trois personnages, glissant dans l’urne le nom d’un comédien, maquillé, média-trainé, porté par des intérêts qui nous sont étrangers. Le goût des jeux, même sans le pain, nous donnera quelques temps notre dose d’adrénaline et comblera notre sens du débat. Le lendemain, les trois quarts de la population auront la gueule de bois et retourneront tête baissée vaquer à leurs espoirs corrompus, jusqu’en 2022.


J’ai perdu le goût de ce cirque. Le pays est au bord du burn out et à la fin de cet article, je ne sais toujours pas ce que je peux faire. Cercle vicieux et vertigineux. Ce qui me fait peur, c’est ma propre résignation et cette colère stérile qui ne fait qu’engendrer de la colère stérile. À quel moment la somme de ces colères pourra-t-elle produire un son commun, un premier pas vers une remise au goût du jour de notre dignité ?

 

CNETH

Merci à Richard ARMENANTE de nous ramener au "NOUS", celui du vivre ensemble - de l'intérêt général - d'oser dire ce qui dérange (lanceur d'alerte) -  d'agir ensemble (action collective / class action) - d'espérer une justice très éloignées des lobbies et des petits arrangements entre amis.

CNETH l'a annoncé à de multiples occasions, qu'elle prendra  position durant la présidentielle, non pas pour tel ou tel candidat, mais bien pour dénoncer les comportements "hypocrites" d'un grand nombre de nos élites, de droite comme de gauche, quasiment tous, plus préoccupés par leur carrière et leurs privilèges, plutôt que du bien commun : l'altruisme, l'éthique, le progrès social sont mis à la marge ...

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×